Affichage des articles dont le libellé est monfraix. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est monfraix. Afficher tous les articles

samedi 14 août 2010

On a retrouvé Jean-Pierre Monfraix !

Dans un post précédent, je lançais un avis de recherche : «Où est né Jean-Pierre Monfraix ?». En effet son lieu de naissance et les prénoms de ses parents tels qu'indiqués dans son acte de décès ne semblaient correspondre à rien. Il devait donc y avoir des erreurs. Ma cousine Francine a répondu à l'appel et a rendu visite aux Archives Municipales de Toulouse. Et elle a retrouvé la trace de notre ancêtre commun. Merci donc, Francine !

Je résume : le 18 ventôse de l'an XI, Jean-Pierre épouse, à Toulouse, Marie-Louise Bacquié. Il est né à Villenouvelle (et non à Baziège) le 13 mai 1778. Il est le fils de Monfraix Bernard (et non Baptiste) et de Gorce Jeanne-Marie (et non Catherine). Nous retombons donc en terrain connu, cette famille de meuniers de Baziège étant depuis longtemps dans mes tablettes. Nous pouvons donc remonter dans le temps, sur 4 générations.

Bernard Monfraix (le père de Jean-Pierre), né à Baziège en 1749, fût donc quelque temps meunier à Villenouvelle, avant de revenir au moulin de Monteserre à Baziège. Bernard est le fils de Jean-Baptiste (né vers 1720), lequel est le fils de Jean, né en 1683, lui-même fils de Pierre, meunier de Fajac-la-Relenque (dans l'Aude, proche de Salles-sur-l'Hers).

Jean Monfraix se marie, en 1709, avec Paule Pagès, elle-même fille du meunier de Monestrol, Paul Pagès (contrat de mariage du 20 novembre 1709 à Marquein). Jean est meunier de Sainte-Camelle, à quelques kilomètres de là. Il ira ensuite à Seyre puis à Belbèze avant d'arriver à Baziège à la fin de sa vie. Ses fils, Paul, Jean, Jean-Baptiste (mon ancêtre) et Jean-Pierre seront les meuniers de Belbèze, de Montlaur, de Montgiscard et bien sûr de Baziège. Il est donc à l'origine de la « migration » des Monfraix du sud-Lauragais vers le canton de Montgiscard.


Le contrat de mariage entre Jean Monfraix et Paule Pagès, Marquein 20 novembre 1709

Pierre Monfraix ca 1650
Meunier de Fajac-la-Relenque
|
Jean Monfraix 1683-1753
meunier de Sainte-Camelle, Seyre, Belbèze, Baziège
|
Jean-Baptiste Monfraix 1720/1724-1780
meunier de Monteserre, à Baziège
|
Bernard Monfraix 1749
meunier de Villenouvelle et Baziège
|
Jean-Pierre Monfraix 1778-1841
marchand de grains à Toulouse, puis meunier de Fourquevaux
|
Jacques Monfraix 1822-1902
meunier de Labastide-Beauvoir et Maureville
|
Germain Monfraix 1861-ca 1906
meunier de Labastide-Beauvoir
|
Jean Monfraix 1896-1964
mon grand-père

dimanche 15 novembre 2009

Un ancien de la SNCF parle de son travail avec Germain Monfraix

Bernard Parent, un ancien des services Recherche de la SNCF, évoque dans son site personnel quelques anecdotes de son travail en collaboration avec un certain... Germain Monfraix.
L'épisode de la bande perforée, recollée au scotch et remontée en route est assez épique.

http://bpcv.free.fr/dete1.php

Avis de recherche : Où est né Jean-Pierre Monfraix ?

Cet article date de 2009 ; en 2010, on a retrouvé Jean-Pierre Monfraix (voir cet article ici).

Jean-Pierre Monfraix ca 1778-1841
& Marie "Louise" Bacquié (Vacquié ou Vacquier) 1786-1841
|
Jacques Monfraix 1822-1902
|
Germain Monfraix 1861-ca 1906
|
Jean Monfraix 1896-1964
|
Raymonde Monfraix 1931-
|
Jacques Sarda 1956-

Comme le montre le tableau ci-dessus, Jean-Pierre Monfraix est mon ancêtre à la 6e génération. Que savons-nous de lui ? Qu'il s'est marié avec Marie-Louise Bacquié, qu'ils ont eu 13 enfants. Les premiers sont nés à Toulouse, les suivants à Baziège, les derniers à Fourquevaux. Jean-Pierre était meunier comme toute sa descendance, ce qui peut expliquer cette mobilité. Marie-Louise était native de Toulouse, ce qui explique que le couple ait sans doute résidé dans cette ville pendant les années qui ont suivi leur mariage.

Jean-Pierre est mort le 8 mai 1841 à Fourquevaux, à l'âge de 63 ans selon l'acte de décès. Toujours selon cet acte il serait le fils de Baptiste Monfraix et de Catherine Gorce, et serait né à Baziège.

Or, je n'ai pas pu trouver trace de son acte de baptème à Baziège vers 1778. Et, même s'il y a dans les registres de cette paroisse beaucoup de Monfraix (meuniers) et de Gorce (tailleurs), je n'ai pas trouvé de mariage Baptiste/Catherine. J'en viens donc à la conclusion suivante : Jean-Pierre n'est pas né à Baziège, mais sans doute dans une autre commune des environs, même si une partie de sa famille est bien originaire de Baziège.

Pour l'instant le meilleur moyen de retrouver son lieu et sa date de naissance est de faire une recherche dans les registres de Toulouse en espérant y trouver le mariage Monfraix/Bacquié, sans doute vers 1801. Mais ces registres ne sont pas en ligne, ni même aux Archives départementales, mais seulement aux Archives municipales de Toulouse. La généalogie demande pas mal de patience...

Le patronyme Monfraix se retrouve en grand nombre sur les communes du Lauragais au sud du Canal du Midi : Ayguevives, Montesquieu, Seyre, Lagarde, Aignes et surtout Nailloux ! En épluchant les registres paroissiaux entre 1664 et 1770, j'ai trouvé dans cette localité près de 300 actes au nom de Monfraix, et en particulier 27 mariages dont l'époux seul se nomme Monfraix entre 1701 et 1742 !! Là, encore les Monfraix étaient meuniers (pour moitié environ) ou tisserands.

L'abbé Monfraix et les chevaux du Pincard

J’entendais quelques fois cette anecdote, quand adolescent, je venais à Fronton donner un coup de main aux vendanges chez Barthélémy Bessières.

L’abbé Monfraix, curé-doyen de Fronton depuis quelques mois, faisait sa promenade matutinale, totalement absorbé par la lecture de son bréviaire. Descendant à grands pas la côte de La Fontaine, il avait l’habitude de passer devant la maison du Pincard sans ralentir son pas, ni se laisser distraire de sa Sainte-Lecture.

En fait, l’abbé craignait quelque peu le Pincard. Ils étaient pourtant un peu de la même famille, la fille du vigneron ayant épousé le frère du prêtre une petite dizaine d’années plus tôt. Mais le vieil homme était un indécrottable anticlérical, un bouffeur de curés comme on disait en langage populaire. Et il ne perdait pas une occasion de s’amuser aux dépends des hommes d’église. Le prédécesseur de l’abbé Monfraix l’en avait averti lors de la passation de pouvoirs, lui qui avait eu à supporter maintes fois des charrettes de fumier déversées sur le passage de la procession de la Saint-Jean, le saint patron de Fronton. « Méfiez-vous de lui, lui avait-t-il dit, le fait qu’il soit un peu votre parent ne le fera pas hésiter à vous ridiculiser publiquement chaque fois qu’il le pourra. Ne cédez surtout pas, mon fils, à la tentation de répondre à ses provocations, cela ne ferait qu’attiser sa haine ». Pourtant ce n’était pas de la haine, mais il était mécréant, et mécréant il se devait de se montrer, juste une question d’honneur. Dans la famille on racontait, sans doute pour adoucir un peu le portrait de l’aïeul, qu’en apprenant la nomination de l’abbé à Fronton il aurait même laissé échapper un vague compliment. «C’est une promotion» aurait-il admit sans desserrer les dents. Le fond n’était donc pas si mauvais.

Au moment où ses pas l'eurent amené au niveau de la maison familiale des Bessières, l’abbé reconnût la voix du Pincard. « Sale bête » cria l’homme. L’abbé faillit sursauter, mais il n’en montra rien et resta ostensiblement le nez dans son bréviaire. Il ne lisait plus, tous les sens à l’affût, mais le livre lui permit de garder une certaine contenance. «Bougre de bestiasse, cria le vigneron, au trot! ou je vous brise le dos!». L’abbé faillit bien empoigner sa soutane et se mettre à trotter, mais il réalisa que si quelqu’un le voyait ainsi fuir devant l’ennemi, il serait la risée de ses ouailles pour quelques décennies. Il décida donc de faire face, ou presque. Il ne s’arrêta pas, mais il tourna la tête vers sa droite, en direction des injures, et, aussitôt, il comprît son erreur!

Deux grands chevaux maigres, noirs comme des corbeaux, étaient attelés à la charrette du vigneron, et c’est après eux que celui-ci en avait, pas après le curé, que du haut de sa colère et de son siège de charretier il n’avait même pas vu arriver. Tout à sa surprise l’abbé s’arrêta net. C’est à ce moment que le Pincard le vît et cela ne fît que décupler son ardeur à vociférer, trop heureux d’avoir l’occasion de faire sonner quelques jurons blasphématoires autour des oreilles du curé. « Putains de créature(s) du diable, vous avez la cervelle aussi noire que la robe ! » hurla-t-il sans qu’on puisse dire s’il parlait du pelage des chevaux ou de la soutane de l'ecclésiastique. Ce dernier fit mine de rien et ne se démonta pas. Il s’était arrêté, il fallait maintenant qu’il fasse bonne figure. Et puis, ces deux animaux un peu efflanqués, il lui semblait bien les avoir déjà vus quelque part.

- Quelque chose ne va pas, Pierre ? lança-t-il, un léger sourire caché au coin de sa moustache.
- Je viens d’acheter ces saloperies de chevaux, hier à la foire, et ce matin pas moyen de leur faire mettre un pied devant l’autre, mille dieux ! »
- Et à qui vous les avez achetés ?
- A cette pute d’entrepreneur des pompes funèbres de Villemur. Ils ont un corbillard au-to-mo-bi-le maintenant là-bas, macarel ! Après la foire, il me les a amenés ici, et pour le prix il m’a même laissé le vieux corbillard, l’enfant de salaud ! J’ai dû le cacher sous la remise !

«Mais c’est bien sûr ! se dit l’abbé, je savais bien que je les connaissais ces bêtes-là!» Il avait fait quelques remplacements pour son voisin le vieux curé de Villemur, ces derniers mois, sans doute quelque enterrement, et c’est là qu’il avait croisé ces deux bêtes noires.
- Vous vous trompez de méthode, ce n’est pas ainsi que vous les ferez avancer...
- Parce que vous pensez connaître quelque chose aux chevaux, bougre de curé, occupez-vous déjà de vos brebis bêlantes, ça suffira bien !
- Où vouliez-vous aller ? insista la curé, sûr de tenir une petite revanche.
- A ma vigne, té, bougre d’ase !

L’abbé chercha alors la page du Requiem dans son bréviaire, prît la direction de la vigne du Pincard, et entonna le chant des morts de cet air monocorde dont seuls les gens d’église ont le secret. Le Pincard eût à peine le temps de s’accrocher à son siège, la charrette s’ébranla, les chevaux emboîtant le pas de ce curé qui savait si bien leur parler.

Tout en calculant la date de la prochaine foire aux bestiaux -pour revendre les bêtes- le Pincard enfonçât encore un peu plus son chapeau sur sa tête, comme pour mieux cacher sa honte. Il ne fît surtout aucun commentaire, mais il savait bien que, deux pas devant les chevaux, ce bougre de curé psalmodiait le Requiem avec un grand, un très grand sourire aux lèvres.