Bernard Parent, un ancien des services Recherche de la SNCF, évoque dans son site personnel quelques anecdotes de son travail en collaboration avec un certain... Germain Monfraix.
L'épisode de la bande perforée, recollée au scotch et remontée en route est assez épique.
http://bpcv.free.fr/dete1.php
dimanche 15 novembre 2009
Avis de recherche : Où est né Jean-Pierre Monfraix ?
Cet article date de 2009 ; en 2010, on a retrouvé Jean-Pierre Monfraix (voir cet article ici).
Jean-Pierre Monfraix ca 1778-1841
& Marie "Louise" Bacquié (Vacquié ou Vacquier) 1786-1841
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Jacques Monfraix 1822-1902
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Germain Monfraix 1861-ca 1906
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Jean Monfraix 1896-1964
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Raymonde Monfraix 1931-
|
Jacques Sarda 1956-
Comme le montre le tableau ci-dessus, Jean-Pierre Monfraix est mon ancêtre à la 6e génération. Que savons-nous de lui ? Qu'il s'est marié avec Marie-Louise Bacquié, qu'ils ont eu 13 enfants. Les premiers sont nés à Toulouse, les suivants à Baziège, les derniers à Fourquevaux. Jean-Pierre était meunier comme toute sa descendance, ce qui peut expliquer cette mobilité. Marie-Louise était native de Toulouse, ce qui explique que le couple ait sans doute résidé dans cette ville pendant les années qui ont suivi leur mariage.
Jean-Pierre est mort le 8 mai 1841 à Fourquevaux, à l'âge de 63 ans selon l'acte de décès. Toujours selon cet acte il serait le fils de Baptiste Monfraix et de Catherine Gorce, et serait né à Baziège.
Or, je n'ai pas pu trouver trace de son acte de baptème à Baziège vers 1778. Et, même s'il y a dans les registres de cette paroisse beaucoup de Monfraix (meuniers) et de Gorce (tailleurs), je n'ai pas trouvé de mariage Baptiste/Catherine. J'en viens donc à la conclusion suivante : Jean-Pierre n'est pas né à Baziège, mais sans doute dans une autre commune des environs, même si une partie de sa famille est bien originaire de Baziège.
Pour l'instant le meilleur moyen de retrouver son lieu et sa date de naissance est de faire une recherche dans les registres de Toulouse en espérant y trouver le mariage Monfraix/Bacquié, sans doute vers 1801. Mais ces registres ne sont pas en ligne, ni même aux Archives départementales, mais seulement aux Archives municipales de Toulouse. La généalogie demande pas mal de patience...
Le patronyme Monfraix se retrouve en grand nombre sur les communes du Lauragais au sud du Canal du Midi : Ayguevives, Montesquieu, Seyre, Lagarde, Aignes et surtout Nailloux ! En épluchant les registres paroissiaux entre 1664 et 1770, j'ai trouvé dans cette localité près de 300 actes au nom de Monfraix, et en particulier 27 mariages dont l'époux seul se nomme Monfraix entre 1701 et 1742 !! Là, encore les Monfraix étaient meuniers (pour moitié environ) ou tisserands.
Jean-Pierre Monfraix ca 1778-1841
& Marie "Louise" Bacquié (Vacquié ou Vacquier) 1786-1841
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Jacques Monfraix 1822-1902
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Germain Monfraix 1861-ca 1906
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Jean Monfraix 1896-1964
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Raymonde Monfraix 1931-
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Jacques Sarda 1956-
Comme le montre le tableau ci-dessus, Jean-Pierre Monfraix est mon ancêtre à la 6e génération. Que savons-nous de lui ? Qu'il s'est marié avec Marie-Louise Bacquié, qu'ils ont eu 13 enfants. Les premiers sont nés à Toulouse, les suivants à Baziège, les derniers à Fourquevaux. Jean-Pierre était meunier comme toute sa descendance, ce qui peut expliquer cette mobilité. Marie-Louise était native de Toulouse, ce qui explique que le couple ait sans doute résidé dans cette ville pendant les années qui ont suivi leur mariage.
Jean-Pierre est mort le 8 mai 1841 à Fourquevaux, à l'âge de 63 ans selon l'acte de décès. Toujours selon cet acte il serait le fils de Baptiste Monfraix et de Catherine Gorce, et serait né à Baziège.
Or, je n'ai pas pu trouver trace de son acte de baptème à Baziège vers 1778. Et, même s'il y a dans les registres de cette paroisse beaucoup de Monfraix (meuniers) et de Gorce (tailleurs), je n'ai pas trouvé de mariage Baptiste/Catherine. J'en viens donc à la conclusion suivante : Jean-Pierre n'est pas né à Baziège, mais sans doute dans une autre commune des environs, même si une partie de sa famille est bien originaire de Baziège.
Pour l'instant le meilleur moyen de retrouver son lieu et sa date de naissance est de faire une recherche dans les registres de Toulouse en espérant y trouver le mariage Monfraix/Bacquié, sans doute vers 1801. Mais ces registres ne sont pas en ligne, ni même aux Archives départementales, mais seulement aux Archives municipales de Toulouse. La généalogie demande pas mal de patience...
Le patronyme Monfraix se retrouve en grand nombre sur les communes du Lauragais au sud du Canal du Midi : Ayguevives, Montesquieu, Seyre, Lagarde, Aignes et surtout Nailloux ! En épluchant les registres paroissiaux entre 1664 et 1770, j'ai trouvé dans cette localité près de 300 actes au nom de Monfraix, et en particulier 27 mariages dont l'époux seul se nomme Monfraix entre 1701 et 1742 !! Là, encore les Monfraix étaient meuniers (pour moitié environ) ou tisserands.
L'abbé Monfraix et les chevaux du Pincard
J’entendais quelques fois cette anecdote, quand adolescent, je venais à Fronton donner un coup de main aux vendanges chez Barthélémy Bessières.
L’abbé Monfraix, curé-doyen de Fronton depuis quelques mois, faisait sa promenade matutinale, totalement absorbé par la lecture de son bréviaire. Descendant à grands pas la côte de La Fontaine, il avait l’habitude de passer devant la maison du Pincard sans ralentir son pas, ni se laisser distraire de sa Sainte-Lecture.
En fait, l’abbé craignait quelque peu le Pincard. Ils étaient pourtant un peu de la même famille, la fille du vigneron ayant épousé le frère du prêtre une petite dizaine d’années plus tôt. Mais le vieil homme était un indécrottable anticlérical, un bouffeur de curés comme on disait en langage populaire. Et il ne perdait pas une occasion de s’amuser aux dépends des hommes d’église. Le prédécesseur de l’abbé Monfraix l’en avait averti lors de la passation de pouvoirs, lui qui avait eu à supporter maintes fois des charrettes de fumier déversées sur le passage de la procession de la Saint-Jean, le saint patron de Fronton. « Méfiez-vous de lui, lui avait-t-il dit, le fait qu’il soit un peu votre parent ne le fera pas hésiter à vous ridiculiser publiquement chaque fois qu’il le pourra. Ne cédez surtout pas, mon fils, à la tentation de répondre à ses provocations, cela ne ferait qu’attiser sa haine ». Pourtant ce n’était pas de la haine, mais il était mécréant, et mécréant il se devait de se montrer, juste une question d’honneur. Dans la famille on racontait, sans doute pour adoucir un peu le portrait de l’aïeul, qu’en apprenant la nomination de l’abbé à Fronton il aurait même laissé échapper un vague compliment. «C’est une promotion» aurait-il admit sans desserrer les dents. Le fond n’était donc pas si mauvais.
Au moment où ses pas l'eurent amené au niveau de la maison familiale des Bessières, l’abbé reconnût la voix du Pincard. « Sale bête » cria l’homme. L’abbé faillit sursauter, mais il n’en montra rien et resta ostensiblement le nez dans son bréviaire. Il ne lisait plus, tous les sens à l’affût, mais le livre lui permit de garder une certaine contenance. «Bougre de bestiasse, cria le vigneron, au trot! ou je vous brise le dos!». L’abbé faillit bien empoigner sa soutane et se mettre à trotter, mais il réalisa que si quelqu’un le voyait ainsi fuir devant l’ennemi, il serait la risée de ses ouailles pour quelques décennies. Il décida donc de faire face, ou presque. Il ne s’arrêta pas, mais il tourna la tête vers sa droite, en direction des injures, et, aussitôt, il comprît son erreur!
Deux grands chevaux maigres, noirs comme des corbeaux, étaient attelés à la charrette du vigneron, et c’est après eux que celui-ci en avait, pas après le curé, que du haut de sa colère et de son siège de charretier il n’avait même pas vu arriver. Tout à sa surprise l’abbé s’arrêta net. C’est à ce moment que le Pincard le vît et cela ne fît que décupler son ardeur à vociférer, trop heureux d’avoir l’occasion de faire sonner quelques jurons blasphématoires autour des oreilles du curé. « Putains de créature(s) du diable, vous avez la cervelle aussi noire que la robe ! » hurla-t-il sans qu’on puisse dire s’il parlait du pelage des chevaux ou de la soutane de l'ecclésiastique. Ce dernier fit mine de rien et ne se démonta pas. Il s’était arrêté, il fallait maintenant qu’il fasse bonne figure. Et puis, ces deux animaux un peu efflanqués, il lui semblait bien les avoir déjà vus quelque part.
- Quelque chose ne va pas, Pierre ? lança-t-il, un léger sourire caché au coin de sa moustache.
- Je viens d’acheter ces saloperies de chevaux, hier à la foire, et ce matin pas moyen de leur faire mettre un pied devant l’autre, mille dieux ! »
- Et à qui vous les avez achetés ?
- A cette pute d’entrepreneur des pompes funèbres de Villemur. Ils ont un corbillard au-to-mo-bi-le maintenant là-bas, macarel ! Après la foire, il me les a amenés ici, et pour le prix il m’a même laissé le vieux corbillard, l’enfant de salaud ! J’ai dû le cacher sous la remise !
«Mais c’est bien sûr ! se dit l’abbé, je savais bien que je les connaissais ces bêtes-là!» Il avait fait quelques remplacements pour son voisin le vieux curé de Villemur, ces derniers mois, sans doute quelque enterrement, et c’est là qu’il avait croisé ces deux bêtes noires.
- Vous vous trompez de méthode, ce n’est pas ainsi que vous les ferez avancer...
- Parce que vous pensez connaître quelque chose aux chevaux, bougre de curé, occupez-vous déjà de vos brebis bêlantes, ça suffira bien !
- Où vouliez-vous aller ? insista la curé, sûr de tenir une petite revanche.
- A ma vigne, té, bougre d’ase !
L’abbé chercha alors la page du Requiem dans son bréviaire, prît la direction de la vigne du Pincard, et entonna le chant des morts de cet air monocorde dont seuls les gens d’église ont le secret. Le Pincard eût à peine le temps de s’accrocher à son siège, la charrette s’ébranla, les chevaux emboîtant le pas de ce curé qui savait si bien leur parler.
Tout en calculant la date de la prochaine foire aux bestiaux -pour revendre les bêtes- le Pincard enfonçât encore un peu plus son chapeau sur sa tête, comme pour mieux cacher sa honte. Il ne fît surtout aucun commentaire, mais il savait bien que, deux pas devant les chevaux, ce bougre de curé psalmodiait le Requiem avec un grand, un très grand sourire aux lèvres.
L’abbé Monfraix, curé-doyen de Fronton depuis quelques mois, faisait sa promenade matutinale, totalement absorbé par la lecture de son bréviaire. Descendant à grands pas la côte de La Fontaine, il avait l’habitude de passer devant la maison du Pincard sans ralentir son pas, ni se laisser distraire de sa Sainte-Lecture.
En fait, l’abbé craignait quelque peu le Pincard. Ils étaient pourtant un peu de la même famille, la fille du vigneron ayant épousé le frère du prêtre une petite dizaine d’années plus tôt. Mais le vieil homme était un indécrottable anticlérical, un bouffeur de curés comme on disait en langage populaire. Et il ne perdait pas une occasion de s’amuser aux dépends des hommes d’église. Le prédécesseur de l’abbé Monfraix l’en avait averti lors de la passation de pouvoirs, lui qui avait eu à supporter maintes fois des charrettes de fumier déversées sur le passage de la procession de la Saint-Jean, le saint patron de Fronton. « Méfiez-vous de lui, lui avait-t-il dit, le fait qu’il soit un peu votre parent ne le fera pas hésiter à vous ridiculiser publiquement chaque fois qu’il le pourra. Ne cédez surtout pas, mon fils, à la tentation de répondre à ses provocations, cela ne ferait qu’attiser sa haine ». Pourtant ce n’était pas de la haine, mais il était mécréant, et mécréant il se devait de se montrer, juste une question d’honneur. Dans la famille on racontait, sans doute pour adoucir un peu le portrait de l’aïeul, qu’en apprenant la nomination de l’abbé à Fronton il aurait même laissé échapper un vague compliment. «C’est une promotion» aurait-il admit sans desserrer les dents. Le fond n’était donc pas si mauvais.
Au moment où ses pas l'eurent amené au niveau de la maison familiale des Bessières, l’abbé reconnût la voix du Pincard. « Sale bête » cria l’homme. L’abbé faillit sursauter, mais il n’en montra rien et resta ostensiblement le nez dans son bréviaire. Il ne lisait plus, tous les sens à l’affût, mais le livre lui permit de garder une certaine contenance. «Bougre de bestiasse, cria le vigneron, au trot! ou je vous brise le dos!». L’abbé faillit bien empoigner sa soutane et se mettre à trotter, mais il réalisa que si quelqu’un le voyait ainsi fuir devant l’ennemi, il serait la risée de ses ouailles pour quelques décennies. Il décida donc de faire face, ou presque. Il ne s’arrêta pas, mais il tourna la tête vers sa droite, en direction des injures, et, aussitôt, il comprît son erreur!
Deux grands chevaux maigres, noirs comme des corbeaux, étaient attelés à la charrette du vigneron, et c’est après eux que celui-ci en avait, pas après le curé, que du haut de sa colère et de son siège de charretier il n’avait même pas vu arriver. Tout à sa surprise l’abbé s’arrêta net. C’est à ce moment que le Pincard le vît et cela ne fît que décupler son ardeur à vociférer, trop heureux d’avoir l’occasion de faire sonner quelques jurons blasphématoires autour des oreilles du curé. « Putains de créature(s) du diable, vous avez la cervelle aussi noire que la robe ! » hurla-t-il sans qu’on puisse dire s’il parlait du pelage des chevaux ou de la soutane de l'ecclésiastique. Ce dernier fit mine de rien et ne se démonta pas. Il s’était arrêté, il fallait maintenant qu’il fasse bonne figure. Et puis, ces deux animaux un peu efflanqués, il lui semblait bien les avoir déjà vus quelque part.
- Quelque chose ne va pas, Pierre ? lança-t-il, un léger sourire caché au coin de sa moustache.
- Je viens d’acheter ces saloperies de chevaux, hier à la foire, et ce matin pas moyen de leur faire mettre un pied devant l’autre, mille dieux ! »
- Et à qui vous les avez achetés ?
- A cette pute d’entrepreneur des pompes funèbres de Villemur. Ils ont un corbillard au-to-mo-bi-le maintenant là-bas, macarel ! Après la foire, il me les a amenés ici, et pour le prix il m’a même laissé le vieux corbillard, l’enfant de salaud ! J’ai dû le cacher sous la remise !
«Mais c’est bien sûr ! se dit l’abbé, je savais bien que je les connaissais ces bêtes-là!» Il avait fait quelques remplacements pour son voisin le vieux curé de Villemur, ces derniers mois, sans doute quelque enterrement, et c’est là qu’il avait croisé ces deux bêtes noires.
- Vous vous trompez de méthode, ce n’est pas ainsi que vous les ferez avancer...
- Parce que vous pensez connaître quelque chose aux chevaux, bougre de curé, occupez-vous déjà de vos brebis bêlantes, ça suffira bien !
- Où vouliez-vous aller ? insista la curé, sûr de tenir une petite revanche.
- A ma vigne, té, bougre d’ase !
L’abbé chercha alors la page du Requiem dans son bréviaire, prît la direction de la vigne du Pincard, et entonna le chant des morts de cet air monocorde dont seuls les gens d’église ont le secret. Le Pincard eût à peine le temps de s’accrocher à son siège, la charrette s’ébranla, les chevaux emboîtant le pas de ce curé qui savait si bien leur parler.
Tout en calculant la date de la prochaine foire aux bestiaux -pour revendre les bêtes- le Pincard enfonçât encore un peu plus son chapeau sur sa tête, comme pour mieux cacher sa honte. Il ne fît surtout aucun commentaire, mais il savait bien que, deux pas devant les chevaux, ce bougre de curé psalmodiait le Requiem avec un grand, un très grand sourire aux lèvres.
Comment on perd l'origine d'un toponyme...
Le village de mon enfance, Villenouvelle, se trouve en plein milieu du Lauragais. Pour ceux qui ne le savent pas, le Lauragais c'est une région partagée entre la Haute-Garonne et l'Aude, plus une petite partie du Tarn avec pour axe central historique le Canal du Midi (puis la N113 et aujourd'hui l'A61). C'est le "pays de cocagne" , tirant sa richesse du pastel (XVe et XVIe siècles) puis du blé (au XIXe). C'est aussi le pays des moulins à vent. Un territoire en plein cœur des parlers occitans.
C'est justement de langue dont je vais vous parler.
Aux portes du village, il y avait une zone de vergers, et naturellement, le chemin desservant cette zone s'appelait "chemin de vergers", mais ... bien sûr on le disait en occitan ! Ce qui donne "camin dels vergèrs" (prononcer : cami dels bergès) ce qui fût transcrit dans le cadastre "napoléonien" par "rue (?) des Bergés", le B et le V se prononçant de façon identique (B) en occitan, et les transcripteurs (sans doute des parisiens !) écrivant plus ou moins ce qu'ils entendaient.
Un gros siècle plus tard le nouveau cadastre mentionne, tout en capitales : "CHEMIN DES BERGES", mais personne ne s'en inquiète et on continue de dire, soit en occitan "cami dels bergès", soit en mescladis* "chemin des bergès". Il en était encore ainsi dans les années 60, quand j'étais enfant et que je fréquentais "la communale".
Dans les années 80 ou 90 une belle plaque a été posée au bout du chemin, elle aussi tout en capitales "CHEMIN DES BERGES". C'en était foutu pour l'origine du toponyme ! Car à partir de ce moment c'est devenu le chemin des berges, ce qui n'a aucun sens puisque la rivière est éloignée de là.
Oh ! ça n'a pas dû faire que des heureux ! Peut-être même que la question aura été évoquée en conseil municipal. La perte du "É" était une véritable trahison ! Mais le mal était fait... pas encore tout à fait !
Dans les années 2000 une magnifique impasse attenante au fameux chemin fût baptisée. Un adjoint zélé a dû vouloir rendre son sens original à ce quartier... La belle plaque porte fièrement l'inscription "IMPASSE DES BERGERS"! :-(
Adissiats
* le mescladis est un parler de transition, mélange (c'est le sens littéral) de français et d'occitan.
C'est justement de langue dont je vais vous parler.
Aux portes du village, il y avait une zone de vergers, et naturellement, le chemin desservant cette zone s'appelait "chemin de vergers", mais ... bien sûr on le disait en occitan ! Ce qui donne "camin dels vergèrs" (prononcer : cami dels bergès) ce qui fût transcrit dans le cadastre "napoléonien" par "rue (?) des Bergés", le B et le V se prononçant de façon identique (B) en occitan, et les transcripteurs (sans doute des parisiens !) écrivant plus ou moins ce qu'ils entendaient.
Un gros siècle plus tard le nouveau cadastre mentionne, tout en capitales : "CHEMIN DES BERGES", mais personne ne s'en inquiète et on continue de dire, soit en occitan "cami dels bergès", soit en mescladis* "chemin des bergès". Il en était encore ainsi dans les années 60, quand j'étais enfant et que je fréquentais "la communale".
Dans les années 80 ou 90 une belle plaque a été posée au bout du chemin, elle aussi tout en capitales "CHEMIN DES BERGES". C'en était foutu pour l'origine du toponyme ! Car à partir de ce moment c'est devenu le chemin des berges, ce qui n'a aucun sens puisque la rivière est éloignée de là.
Oh ! ça n'a pas dû faire que des heureux ! Peut-être même que la question aura été évoquée en conseil municipal. La perte du "É" était une véritable trahison ! Mais le mal était fait... pas encore tout à fait !
Dans les années 2000 une magnifique impasse attenante au fameux chemin fût baptisée. Un adjoint zélé a dû vouloir rendre son sens original à ce quartier... La belle plaque porte fièrement l'inscription "IMPASSE DES BERGERS"! :-(
Adissiats
* le mescladis est un parler de transition, mélange (c'est le sens littéral) de français et d'occitan.
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